Mbog Bassa: Tabous et Interdits

 

    La culture Basaa repose sur un nombre de tabous et d interdits qui sculptent tout le comportement spirituel et social. Ces tabous et interdits, appelés bikila en Bassa,constituent de véritable indices sur la protection de certaines classes sociales. Même s' il est impossible d énumérer tous les tabous et interdits,on peut répondre sommairement à certaines questions :Quels sont les tabous et les interdits du Mbog Basaa ? Comment les différentes classes de citoyens les appréhendent elles ? Mais surtout quels sont ceux qui relèvent d'une véritable vie spirituelle et ceux qui sont des simples superstitions populaires ?

Les interdits et les tabous s appliquent dans les différents domaines ; mais spécialement dans le domaine alimentaire et les rapports entre hommes et femmes , mais surtout

                    ...Domaine de  l' alimentation

Les Basaa ne doivent consommer que la viande des gibiers à sabots, sabot qui se dit pal en Bassa et et il leur est interdit de consommer le gibier avec les les orteils (libô en Bassa). Cet interdit majeur issu du monothéisme pré colonial des basaa a connu certains aménagements au point d être entièrement transgressé de nos jours. Un premier amendement octroya une certaine liberté aux hommes , tout en maintenant l interdit pour les femmes et les enfants. Plus tard les femmes et les enfants s' émancipèrent de cette contrainte au point de consommer toute viande y compris celle des reptiles, considérée pourtant comme la plus impure des viandes.

Mais quelque soit le gibier, il était important que la bête soit abattue avec effusion de sang. On devrait recueillir et enterrer quelques gouttes de ce sang, en prononçant au préalable quelques versets sacrés, propres au monothéisme des Basaa.

                        ...Des relations hommes femmes

L' inceste tabou majeur qui instaure la civilisation était très fort dans la société Basaa et le reste encore de nos jours. D' après les lois sur l endogamie qui régissent les Bassa, le mariage n'est autorisé qu'au délà du septième ascendant par filiation patrilinéaire et du cinquième ascendant par filiation matrilinéaire. Etant une minorité, les généalogies se sont rapidement croisées et saturées, au point que de nos jours , qu il faut une extrême chance à deux Bassa pour concrétiser une union nuptiale en évitant l inceste .

   Dans un ménage, certaines période du mois, les époux devraient faire chambre à part . ; si ce n est maison à part. Cette periode correspond à la période de menstruations chez la femmes Matjel ma yé kété pele, matjel ma ye kété ndap : Il y a du sang dans la maison. On connaît force du tabous du sang chez les Basaa , tabou de appelé bag. Un tabou qui entraîne des rites appropriés dans toutes disparitions d' un humain par effusion du sang : Accident de la route, meurtre par armes à feu etc..

                ...Superstition populaire ou vie religieuse ?

Il existe d autres interdits et tabous dans la société , mais on ne saurait dire s'ils émanent d une véritable vie spirituelle, ou alors ce sont des simples superstitions populaires.

Il est interdit à une femme enceinte de regarde le contenu d un récipient à travers le goulot,de peur de voir l enfant naître avec des troubles de la vision (bigleux).

Il est interdit aux femmes enceinte de manger les œufs, afin de ne point fragiliser le squelette du fœtus en formation avec des conséquences importantes dans sa future vie d' adulte.

On devria toujours cracher de la salive dans ses urines , geste considéré comme prophylactique pour certaines pathologies. Et même source de grâce.

    La nuit tombée , un enfant ne doit pas se rendre à la rivière : « Mangè a kè bé lep ni djuu, ». Est ce la peur des crocodiles, caïmans et autres fauves aquatiques ? Est ce la peur des prétendus génies aquatiques ?

 On ne pourrait énumérer tous les interdits .Mais si certains de ces interdits ou tabous sont étroitement liés au monothéisme pré colonial des Basaa, d'autres donnent une impression de simples superstitions .

Mais que ce soit dans la vie religieuse ou plus encore dans les superstitions, on constate que les femmes et les enfants, par rapport à ces interdits , connaissent plus de contraintes que les hommes. Est ce parce qu ils seraient plus fragiles ? Difficile d' y répondre? Mais plus importants sans doute que les hommes et par conséquent, nécessitent une protection plus grande, sur le plan social comme sur le plan religieux selon Manal ma Mbang, philosophe Bassa du XVè siècle, dont la pensée a structuré toute la société Bassa. 

 I kété li nyang

Francis

 

 

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