CULTURE HISTOIRE ET POLITIQUE: Installation des peuples dans le Sud Cameroun - La thèse oubliée

 

La cohabitation entraine toujours des relations amicales fraternelles et quelquefois elle engendre les inimitiés et même des conflits. La présence des groupes Basaa, Bakoko et des BaMbongo sur la cote  n'échappe pas à cette règle 

 

                                              ...Le littoral et Les Traditions

     Le littoral camerounais , comme toutes les cotes ne fut point prisée. On sait qu en corse et en Italie, on sait que  quand le domaine familial englobait une partie du littoral , ce sont les filles qui héritaient des bordures de mer car devant aller en mariage , elles recevaient donc les terres ingrates impropres à l'agriculture ce qui n' affectait pas du tout le potentiel économique de leur famille d'origine. Un potenitel qui fut strictement agricole. De nos jours on sait ce que les plages représentent en termes d' opportunités économiques.

       Au Cameroun, ce n est que par l introduction du commerce triangulaire avec sa pacotille que les populations ressentirent le besoin de se rapprocher de la mer. Malheureusement cette volonté se heurtèrent à une géographie humaine .

 

                                         ...Installation dans le Sud Kamerun

     Beaucoup de thèses circulent sur l installation des populations sur les cotes du sud Kamerun. Les uns prétendent que les Basaa et Bakoko se sont installés les premiers et qu ils furent refoulés (par la guerre , la force et des pratiques sauvages) à l'intérieur par les BaMbongo. C est la thèse de ITTMAN, BUREAU. D'autres disent que les Basaa et les Bakoko , agriculteurs se replièrent d 'eux même . C est la thèse de AUSTEN ET DERRICK. Mais le repli des agriculteurs( dans les secteurs où il s'est effectué) bien que logique, devait aussi se voir à travers les recommandations de certaines sociétés sécrètes communes ce qui est la thèse des Chercheurs de L Institut des Sciences Humaines de Yaoundé.

     Les études sur cette installation--- à l exception de la ville de Douala où les traditions convergent pour dire que les Basaa et les Bakoko furent les premiers--- ne présentaient aucune difficulté au temps des Ethnologues Allemands comme TESSMAN. En effet si on considère cette installation comme un problème de pédologie, on remarquera,   par rapport à la mer , la présence  des strates successives; chacune correspondant à un ou deux peuples. La première strate est la Bambongo, la deuxième est Bakoko ou Basaa ; Mais le plus souvent Bakoko. On peut donc supposer que les gens dans leur migrations se sont vus arrêter par la mer et les autres sont venus s'agglutiner derrière cette première strate. Sauf dans les embouchures

Les Embouchures des fleuves camerounais présente une particularité elles sont habitées et occupées par les population de la deuxième ou troisième strate. L embouchure de Douala fut occupée par les Basaa et des Bakoko d après des traditions des peuples présents dans la région. Celle du Nyong est occupée par les Bakoko(Yassouki), etc... On constate en vérité une présence conjointe des Bambongo et des Nnanga(Basaa + Bakoko)

Un modèle simple donne

 

 

                                                Carte1 Occupation initiale du Sud Kamerun

 

Au départ vivaient dans le Sud Kamerun , les populations

A10 : Bakossi, Bakaka, Mboo (?) etc...

A20 : Bakweri, Duala, Limba etc...

A30 : Bubi, Batanga, Benga etc...

A80 : Maka Djem etc...

A90 : Piemo etc...

Ces peuples A10, A20, A30 sont très proches des peuples Bantu du nord des deux Kongo tels : Amboshi, Bobangui, Bobenga, Babomitaba, Mboko, Ngaré etc...

        Plus tard arrive une colonne nommée Nnanga(1) , comprenant Les Bakoko, Les Basaa les Beti et autres. Elle s' intercale au milieu de ces peuples

-Séparation Les Maka (Est) des Ngumba( Ouest)

-Séparation des Polri, les Kadei (Est), et des Malimba, Duala , Bakweri. (Ouest)

A l exception des Maka et des Ngumba qui forment une famille à part , la parenté entre ces langues est évidente.

Cette colonne qui se comporte comme un axe de symétrie, repousse donc certaines populations vers L Est jusqu à la région marécageuses de la Zone Est Kamerun- Nord Congo . Elle réalise la même chose dans la partie occidentale en repoussant les populations vers la mangrove.

Les fables nous parlent d'une population venant du Congo par la haute mer , conquérant de surcroît et dont certaines composantes se seraient contentées uniquement  de 4 km2 de Mangrove.

Pourtant on sait que l'homme n habite pas naturellement la mangrove. La mangrove , comme les hautes terres ont toujours été les lieux de refuge des peuples en détresse.

 

Plan sanitaire : En cas épidémie sur la terre ferme ou la plaine on se réfugie dans ces espaces

Plan sécurité civile ; En cas d inondation ou de sécheresse les populations menacées y trouvent leur refuge.

Plan militaire : A l avancée d 'un peuple conquérant ennemi on s y réfugie . Tous les états major du monde le savent. Sauf au Cameroun où tout le monde volontairement ou involontairement a admis les fables surtout qu' elle concernait les Basaa.

En ce qui concerne La mangrove, c' est un lieu de refuge tellement classique que même chez les populations pratiquant la riziculture , les paysans y font leur plantation mais n'y vivent pas. Alors imaginons dont le Cameroun où la riziculture était  inconnue.

 

                                                                      

                                                                            

                                                                                

                                                        carte 2 : Occupation et déplacements des populations dans le Sud Kamerun

 

      Ce schéma d 'occupation fut la thèse émise par les Allemands dont l Ethnologue TESSMANN. Mais c'était bien avant la fabrication coloniale et idéologique des "peuples forts" et conquérants utilisant les armes en silex  biface repoussant "les peuples Faibles" dont les Basa. Les Basaa qui eux forgeaient le Fer issu des Hauts fourneaux en brique de terre cuite de 5m de haut et deux mètres de diamètre. De telles structures imposantes ne peuvent pas être construites au Hasard, elles forment les vestiges de ce que l on a appelé le Mbog Basaa ou Regnum Biafra pour le pr Dika Akwa ; Regnum Biafra que les navigateurs européens identifient dès le XVème siècle. Car de tels équipement contribuaient à satisfaire une clientèle au déla de l'ethnie Basaa.

 A ce niveau , nous devons faire appel à la tradition qui pourrait servir de conclusion.

Les Benga, les Iyassa et même les Bapuku disent qu il vivaient plus au nord, très loin de leur emplacement actuel. Ils furent repoussés par les redoutables guerriers Ikyéki. Terme qui rappelle celui utilisé par les Ngumba et Mabi ( les Kwasio) Bikyéki ou Bikyek pour désigner indifféremment les Bakoko et les Basaa. Un terme qui doit vraisemblablement dériver du mot Basaa : Kèk c'est à dire Trancher, couper, découper, Blesser. Les mêmes traditions tant chez les Basaa que les Makuk(Ngumba et Mabi) parlent des affrontements entre Sakbayémé et Bipindi et qui permirent aux Basaa de repousser les Kwasio et s'installer dans cette région.

Les traditions Benga affirment que qu ils ont affronté les guerriers Ikyéki sur une rivière nommée Lokundja et qu ils n'ont eu la vie sauve que grâce à un gué que leur montra une espèce d' antilope appelée Djombé, dont ils s interdisent la consommation depuis cet épisode.

On constate donc que pour les peuples Iyassa, Benga (ndowé= Sawa du Sud embouchure  Nyong  ),Mabi, Ngumba installés sur les cotes Kamerunaises  et gabonaises, les chemins de leurs migrations sont continentaux et non maritimes.

 

I kété li nyang

Francis

(1) Ancêtre supposé des Basaa, Beti, Yambassa etc...

 

 

 

 

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