INTERVIEW DE MBOMBOG KEND DJON LI DJON MI NGUE

En l An de grâce 2009, le profane Bogart Kend a accédé aux secrets de l ordre initiatique et symbolique  des  sept lumières du Serpent d Eau- UM.A cette Occasion, Djon Djon, un jeune Bassa Etudiant à la Faculté de sciences humaines de Yaoundé réalisa cet entretien que nous vous rapportons

 

  • DJON DJON: Comment vous sentez-vous dans la peau d’un Mbombog à votre jeune âge ?

  • MBOMBOG KEND DJON LI DJON: Je me sens plutôt fier, bien que quelque peu soucieux.

  • Pourquoi ?

  • D’abord je suis fier, parce que je considère mon sacre comme une espèce de récompense et aussi un sacré privilège. Maintenant je suis soucieux, parce qu’il n’est pas évident de bénéficier aussitôt de la confiance d’un peuple aussi circonspect comme le nôtre quand on est jeune surtout. A tout cela, s’ajouterait la lourdeur de la tâche qui m’incombe désormais.

  • Justement, comment tout cela est-il arrivé ? Est-ce qu’à votre âge, il est évident d’assumer une telle responsabilité ?

  • Ce n’est pas une question d’âge. A mon avis, c’est plutôt une question d’homme et d’être. Il y a des jeunes qui sont sages et des vieux plutôt cons. Tout dépend de la personnalité. Et la personnalité, ça se construit. Dans mon cas, j’estime être assez mûr et aussi avoir bénéficié d’une formation qui me laisse croire que je suis prêt à m’assumer et le faire de mes charges traditionnelles. Mon initiateur avait lui aussi les mêmes appréhensions. Mais aujourd’hui il me donne plutôt l’impression de s’en réjouir plus que moi-même.

Maintenant comment c’est arrivé ? C’est une longue histoire qui nous prendra beaucoup de jours si je dois me mettre à la conter. Je dirai simplement pour couper court que ça pas été une décision facile tant du côté de mon initiateur que de moi-même qui ai mis du temps à accepter perdre ma liberté pour ainsi embrasser une carrière traditionnelle. Il nous a fallu près de 6 mois de négociations pour tomber d’accord, et 6 autres mois de passage à l’épreuve de feu et de travail intense pour s’assurer que je pouvais effectivement mériter de sa confiance avant que tout ne me soit finalement légué aujourd’hui. Je crois que je dois m’en réjouir et m’en féliciter. Car à aucun moment de ma vie je ne m’étais vu faisant un si grand sacrifice pour mon peuple.

  • Pourtant autour de vous ce n’est pas ce que pensent les autres ?

  • Que pensent les autres à votre avis qui puisse être bon ? La masse généralement a toujours été de nature porcine et ne cerne qu’approximativement l’essence propre des phénomènes. Je ne me soucie donc pas de ce qu’elle pense, contrairement à ce que m’apprennent mes maîtres qui m’ont fait confiance parce qu’ils ont, eux, cerné en moi cette flamme initiatique qui me vaut d’être aujourd’hui Mbombog et détenteur de hauts secrets, notamment celui qui concerne le mystère de NGENE-UM.

  • Ngènè-Um, vous dites-bien ?! D’abord, c’est quoi exactement ?

  • Je dis bien, NGENE-UM, qui est pour l’instant l’un des secrets les plus élevés de notre Ordre initiatique. Ce qui est une confiance énorme qui n’autorise plus le moindre doute sur mes capacités intrinsèques à pouvoir m’assumer comme Mbombog. En fait, ici, repose le secret de mon insertion comme de la plupart des derniers recrus de l’ordre UM. Il se passe que le maître-Instructeur, se sentant fatigué, ait compris le temps arrivé pour léguer à la postérité ce qu’il a lui-même reçu des aînés. Mais autour de lui manquait peut-être des hommes de confiance. Il s’est donc résolu en dernier recours de consulter les oracles et les ancêtres qui l’ont conduit à certains d’entre nous, donc moi. Je ne suis pour autant pas seul à avoir bénéficié de sa confiance. Nous sommes deux ou trois, je n’en sais rien, les autres se dévoileront chacun en son temps pour la cause à laquelle il a été voué.Pour ma part, on m’a confié ce qui l’a été, et je doute que ce soit un hasard ou un tort. L’avenir en tout cas, nous le dira.

  • En fait, je parle de ce que pensent les autres en ce sens qu’on croit généralement chez-nous que le Mbombog est une affaire de soi avant d’être celle du peuple. Du moins à travers les comportements affichés des uns et des autres. Lorsque vous parlez du sacrifice au profit du peuple, j’avoue ne pas trop comprendre, de même d’ailleurs que beaucoup ne vous comprendront pas.

  • En fait je parle de sacrifice, car vous conviendrez avec moi qu’à mon jeune âge, accepter de renoncer à la profession et aux autres activités lucratives que je ne peux plus mener en plein temps constitue déjà un premier sacrifice immense. Maintenant, rentrons dans les raisons de mon intégration, vous y comprendrez que c’est toujours la même notion de sacrifice. C’est d’autant plus que j’y arrive quand beaucoup ont peur et manifestent des appréhensions vis-à-vis de la chose. Et le deal avec mon initiateur était clair : il avait besoin des forcenés et non pas des frivoles pour assumer un aspect de la tradition qui était jusque-là délaissé. C’est le côté ésotérique et purement initiatique. D’où il fallait passer l’intégralité des épreuves sans manquer une seule. Condition sine qua non pour accéder à la part de son héritage personnel. Il accusait une fatigue certaine et redoutait que ses compères ne puissent faire mieux. D’où il a recherché des gens qui ne devraient pas rester cantonner aux vicissitudes de la vie quotidienne, mais qui pouvaient aller plus loin que toutes les générations passées. Comprenez alors que notre mission – et puisque je ne suis pas seul – est des plus coriaces et exige beaucoup de probité morale, d’endurance, de ressources physiques, matérielles et financières. Il fallait l’accepter sous serment pour notre peuple. Ce que nous avons fait ce jour en brousse à tour de rôle avant que la suite ne nous soit confiée.

  • Par rapport donc à votre consécration, comment envisagez-vous votre mission patriarcale ?

  • Bah, le plus naturellement possible ! c’est-à-dire, tel que cela doit l’être. Mais il ne me revient pas de la déterminer. C’est le travail de la nature et de ceux qui dirigent l’Ordre. Si vousme demandiez au contraire quelle était ma philosophie propre par rapport au patriarcat ou au Mbog basaa, très certainement, je vous aurai dit des choses.

  • Quelles sont ces choses ?

  • Bah ! il n’est pas bon de tout dire dans le cadre actuel.

  • Mais vous aviez dit tantôt que vous …

  • Oui, oui !mais j’ai changé d’avis (rires).

  • Comme ça ?!...

  • Selon vous, qu’est-ce qu’il faut pour changer d’avis ? En tout cas, je l’ai fait. Bon ! (après un moment de silence) Vous savez, par ces temps il y a beaucoup d’usurpation, de prétention et de discours qui se tiennent dans le cadre de notre tradition et de notre culture. Des gens qui veulent absolument montrer qu’ils savent faire des choses formidables et qu’ils sont ceux qui possèdent une vérité plus importante que celle du reste. Finalement, c’est une sorte d’embrouillamini dans laquelle les membres de notre confrérie ne sauraient se reconnaître, ni moins d’ailleurs les fils de notre peuple. Des gens qui parlent à tort et à travers ou qui disent des choses soi-disant relevant de notre tradition mais qui n’ont rien à voir avec nos enseignements, ce n’est pas de nous. Il y a un ordre ancien que nous respectons. Celui-là qui voudrait qu’on ne se prononce sur notre tradition que lorsqu’on est mandaté pour cela. Or, il ne m’a pas été chargé de me prononcer sur la question et je ne peux donc pas parler de peur qu’on ne me reproche un jour de dire des choses qui ne m’appartiennent pas. La seule chose possible à vous dire est que notre tradition est malade, ce que personne n’ignore. Mais on est tous entrain de travailler dans le sens de la relever par tous les moyens. Nous n’y sommes pas encore, mais je pense, nous y parviendrons par bonheur tôt ou tard. En juillet prochain, il sera donné à tout le monde de découvrir les reformations de notre congrégation lors du conclave prévu à cette occasion. Ce n’est pas un aboutissement, mais une approche de ce que pourra être un jour la congrégation patriarcale moderne.

  • Oui mais selon vous, quelle direction doit aujourd’hui prendre notre tradition ?

  • Il n’y a pas mille directions à prendre dans le contexte actuel. C’est une seule, et nous le savons tous. Ce n’est qu’une question de courage et d’abnégation.

  • Est-ce qu’on ne peut pas savoir qu’elle est cette direction, pour être un peu plus clair ?

  • Bah ! … c’est celle que tout le monde prendrait justement dans notre contexte. C’est-à-dire, aller de l’avant et rien d’autre.

    Son Altesse eminentissime MBOMBOG KEND DJON LI DJON MI NGUE à NGOG LITUBA - Avril 2013.MBOMBOG  KEND DJON est  l un de ces jeunes MBombogs de la nouvelle génération, qui militent  pour une consolidation et une grande  diffusion  nos traditions,  par un usage rationnel des nouvelles technologies de  l'information et de la communication.

  • Mais comment aller de l’avant avec la tradition qui justement n’est pas notre civilisation qui est appelée à connaître chaque jour une profonde mutation. Nous pensons qu’ici, on a plutôt affaire à quelque chose de statique ou ce n’est plus une tradition ?…

  • Ah ! c’est vous qui le dites. Rien n’est pourtant statique et tout est dynamique. C’est ça justement que les nôtres ne veulent pas comprendre en restant cantonner dans des vieux rituels et de vieux principes canoniques. Or, il me semble, comme d’ailleurs ne cesse de nous le répéter notre maître, que nous devons suivre le sens des événements et non pas autre chose. C’est en fait les événements qui sont notre véritable guide et maître. Dans chaque tradition, il y a un noyau qui doit être préservé, et il y a des membranes qui peuvent autrement être transmutées selon les besoins. Or justement, les membranes de notre tradition ont pris un sacré coup de vieux et il faut absolument les revoir pour repositionner les choses à leur juste contexte de peur que la nature ne le fasse à notre place comme cela s’est produit avec nos prédécesseurs.

  • Mbombog, si on observe la tendance des jeunes qui intègrent ou qui veulent intégrer l’ordre patriarcal, ou encore si on regarde tous ceux qui s’intéressent de plus en plus à la tradition et à ce qu’elle enseigne, on peut dire qu’il y a un besoin. Qu’est-ce qui est fait au niveau des patriarcats pour assouvir la quête de tout ce monde ?

  • En fait, il faut déjà savoir que chaque patriarcat est autonome et dispose d’elle-même, même si au sommet, il existe une instance suprême qui peut corriger les uns et les autres avec d’ailleurs les risques de ne pas être totalement suivie. Donc, ce qui est valable pour notre patriarcat ne saurait l’être pour un autre, même si aussi, nous gravissons tous autour d’un noyau essentiel. A notre niveau, toute une vaste politique d’intégration des jeunes a été mise en place depuis plusieurs années. Nous attendons au contraire que ceux-ci s’approchent davantage. Les mesures d’insertion ont pour cela été revues afin de favoriser justement cette intégration. Nous cherchons aujourd’hui encore des moyens d’aller plus loin, par exemple au niveau de certaines dépenses financières qui nous semblent contournables. En somme, c’est un vaste chantier au niveau du patriarcat d’Eséka. Nous envisageons aussi une antichambre qui contiendra les éventuels arrivants pendant un temps avant leur insertion effective dans l’ordre UM auquel j’appartiens. Il n’ya pas mieux d’ailleurs que celui-ci pour dispenser le concept initiatique Basaa.

  • Mbombog, je ne sais pas s’il est tôt de vous poser la question. Mais à quand les retrouvailles du patriarcat avec la grotte de Ngog-Lituba ? je voudrais demander quand est-ce que les patriarches vont renouer avec ce lieu. Car depuis plusieurs années on en parle, mais nous n’avons pas encore appris que les patriarches s’y sont rendus. Alors, qu’est-ce qui fait problème ?

  • (sourire) Vous voyez vous-même que je suis jeune et qu’il est tôt de me poser la question... Mais je ne sais pas si c’est être trop jeune à 45 ans pour s’intéresser aux questions de sa tradition ? En tout cas, s’agissant de votre préoccupation, j’ai ouï dire que ce lieu a été émaillé de beaucoup de problèmes ces vingt dernières années au point qu’il a même été à un moment donné interdit aux patriarches et acheté par l’église catholique qui voulait en faire un lieu de pèlerinage, on suppose. Il s’en est suivi un triller de revendications qui a finalement abouti à la rétrocession de la grotte aux patriarches. Depuis ce moment, des patriarches s’y sont rendus en rangs dispersés pour faire un état des lieux. Maintenant nous attendons tous la suite, un déploiement massif par exemple, qui n’est certainement pas pour aujourd’hui, mais pour demain peut-être. Tout cela est lié à beaucoup de paramètres que les gens étudient progressivement. Dès qu’on sera tous prêts, je pense que personne ne nous y enverra. On saura nous-mêmes trouver le chemin qui y mène. C’est juste une question de temps.

  • Et que direz-vous des patriarches qui ont acheté leurs titres ou de tous les autres superflus qui émaillent l’ordre patriarcal et ancestral ?

  • Parlant des patriarches qui ont acheté leurs titres, je ne les connais malheureusement pas. Et je crains d’ailleurs que ce soit ici une affaire d’opinion de la masse. Or la masse et ce qu’elle pense ou dit, je vous en ai parlé. Je ne peux pas vous en dire davantage. J’ai entendu des gens dire de moi-même que j’ai acheté mon sacre. Or, vous me connaissez et vous savez ce qui s’est passé en dehors même du cadre de notre interview. Faites donc la comparaison entre les dires des gens et l’essence propre du phénomène et vous comprendrez. C’est de même de ce qui concerne les superflus dont vous parlez… toutefois, l’honnêteté voudrait que je reconnaisse qu’il ne peut pas manquer de problème au sein d’une institution comme la nôtre. Et peut-être même que ce que vous dites est réel. Mais tout dépend de la façon.

  • Il y a autre chose que nous apprenons en coulisse, notamment en ce qui concerne la confrérie Nkoda-Ntoή. Déjà, on vous redoute d’être tordus comme votre appellation l’indique bien, et par ailleurs, votre guide actuel, Mbombog Mpaye, semble être au cœur d’une double polémique. D’aucuns lui reprochent d’avoir introduit dans votre confrérie des gens qui n’appartiennent pas aux sept clans habiletés à y adhérer. En plus, il s’immiscent dans tous les patriarcats pour consacrer les gens quand même il n’en a pas le droit.

  • Oui, il faudrait bien que les gens le sachent une fois pour toute. Nkoda Ntoṅ, dans notre cas, ne signifie pas « tordu » comme d’aucuns le pensent justement. C’est d’ailleurs très étonnant de se rendre compte que même certains patriarches le pensent. En fait, ils n’ont pas tort, il n’y a que les membres de notre confrérie qui savent ce que cachent ces termes. En principe, le « Nto » de « Nkoda Nto » signifie simplement « Lignée ». D’où, que les nôtres, arrivant à Ngog-Lituba où ils établirent une nouvelle alliance avec leur Dieu, UM, étaient par cette occasion sortie de l’ancienne lignée qui les lia autrefois à l’Égypte et à tout leur passé. Les rites furent refondus et reconformés autrement selon la nouvelle donne. Un nouveau dénombrement fait ; un nouveau peuple constitué ; une nouvelle lignée initiatique également instituée. Seulement, cette nouvelle lignée, sans pour autant rompre totalement avec l’ancienne, se déroba tout juste par endroits pour contourner certains aspects incommodes. D’où l’appellation de « Nkoda-Ntoṅ »… Bon ! Il y a une toute autre légende là-dessus, mais celle-là sert plutôt des fins encyclopédiques que de la réalité propre du phénomène.

  • C’est laquelle ?

  • C’est la légende du phallus, si vous le voulez-bien. Mais je ne peux en parler davantage.

  • Nous avons aussi parlé de votre guide actuel et…

  • En effet ! A ce sujet, je trouve simplement regrettable que les gens trouvent toujours des poux même où il n y en a pas. D’après les explications qui nous ont été fournis par le concerné au sujet de l’insertion des membres extérieurs à la communauté « Nkoda-Ntoṅ », il n’a pas agi de son plein gré, mais en quelque sorte sur recommandation du dernier conclave tenu à Song-Mpeck en 2003 si je ne me trompe pas de date. A cette occasion, les textes que nous possédons et qui sont cosignés de tous les membres de la confrérie existant à ce temps sont bien clairs que UM étant une Lumière, nul n’a le droit de la priver à ceux qui la recherchent. Et par conséquent qu’il faut la propager partout et initier ceux qui sont sincères dans leur quête. Je ne reprends pas les termes exacts du document que je ne retiens pas en tête, mais je vous donne là l’idée principale de la teneur. D’ailleurs je m’emploierai dans les jours qui viennent que ces textes soient publiés de façon élargie.

Alors, que les gens se plaignent aujourd’hui parce qu’ils voient leurs intérêts menacés, ce n’est que leur problème. D’ailleurs, si les textes ne l’avaient pas dit, nous qui sommes des patriarches et qui prétendons être à l’écoute de la Nature et de nos populations, ne pouvons pas voir que le temps est réellement arrivé pour que ce pas soit accompli ? Devons-nous continuer à laisser les nôtres gambader çà et là à la recherche de la vérité quand nous avons-nous-mêmes une source auprès de laquelle ils peuvent s’abreuver ? Franchement, n’amalgamons pas les choses, si nous sommes encore un peu sensés.

Quant à l’autre sujet qui n’est pas différent du premier, c’est toujours la même bande des « polémiqueurs » et d’arrivistes qui pour la plupart, craignent leurs intérêts s’envoler en péril. A défaut, ils sont justement ceux dont j’ai parlé au début. C’est-à-dire des gens qui veulent montrer qu’ils savent faire des choses formidable alors qu’ils ne sont juste qu’une petite bande d’affairistes qui convoitent des sièges au sénat et trouvent donc qu’on leur fait assez écran en s’imposant même par la violence physique. Je le dis parce que l’homme sensé sait d’emblée que le pacte entre les sept clans « Nkoda-Nto » est sacré. Et qu’en matière de consécration, le postulant a le droit et la liberté de choisir lui-même son initiateur et se faire consacrer par ce dernier. Toutefois, cela doit se faire en respect et en reconnaissance de la légitimité du trône du patriarche régnant du clan du premier, donc du postulant. Cette dernière loi, Mbombog Mpaye ne l’a jamais violé. Par contre, on a rencontré des gens se disant des patriarches, qui se sont imposés comme consécrateurs par la violence physique et verbale quand même le postulant auparavant les avait désavoués de son plein droit. De quel côté donc se trouve la bêtise ? Est-ce du côté de Mpaye ou de ceux qui, au mépris de la dignité humaine et sacerdotale s’imposent par la force en se camouflant sous la loi du territoire ? Je ne vais pas citer les noms. Mais c’est justement ce qui s’est passé à l’endroit auquel vous voulez faire allusion.

  • Mbombog, quel conseil donnerez-vous aujourd’hui à vos congénères, c’est-à-dire à la jeunesse ?

  • Je ne voudrais justement pas m’ériger en donneur de leçons de peur qu’un jour on me reproche finalement de dire des choses qui ne me concernent pas. La nature reconnaît les siens et sait par conséquent faire recours à eux lorsque le moment arrive. Je n’ai pas fait de miracle particulier pour me retrouver à la place que vous et moi connaissons aujourd’hui. Il faut simplement le vouloir. Mais alors, le vouloir sincèrement. Quand le disciple est prêt, le maître apparaît, nous enseigne-t-on. S’il y a un conseil que je peux donner, c’est que nous ne pourrons nous assumer totalement en tant qu’être, que si nous accomplissons la tradition de nos pères qui est la nôtre et qui définit la condition de notre existence dans notre milieu et non dans un autre. Tout être qui est déconnecté de sa tradition est comme un arbre fauché de ses racines. Mieux vaut périr dans l’animalité de notre tradition que de périr dans l’univers des autres. Le jour qu’on le comprendra, c’est le jour qu’on se relèvera.

  • Merci.

  • Merci.

Réalisée par DJON DJON,

Etudiant en Histoire à la FSH à l’Université de Yaoundé.


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