Introduction à l Histoire du peuple Bassa

      L’une des graves erreurs que commet l’humanité moderne dans sa recherche des vérités du passé réside dans le fait qu’elle a une tendance maladroite et même néfaste de reléguer au rang des accessoires toutes les autres formes de pensées qui ne sont pas scientifiques. La conséquence en est que nous végétons parfois ça et là à la recherche de ce qui est pourtant avec nous, simplement parce que cela n’est pas démontrable par des méthodes concrètes et dites rationnelles. Or notre univers est multidimensionnel d’où l’intelligence à proprement parler ne constitue qu’un maillon de la totalité. Pourquoi donc, en l’absence d’une vérité absolue, concrète et palpable dont la recherche nous anime tant, ne pouvons-nous pas recourir aux autres maillons restants ? A mon humble avis, ce dernier moyen pourrait, demain ou après, constituer le recours de grâce pour reconstituer cette vérité qui nous est chère et qui actuellement nous fait tant défaut.

 

    Cela fait des siècles qu’une légende dogon fait état des étoiles secondaires gravitant autour de Sirius sans que le monde moderne et scientifique n’y accorde le moindre crédit. Aujourd’hui, avec plusieurs siècles de retard, c’est enfin prouvé ou presque. A qui aura-t-on finalement fait du tort ?...

    L’histoire du peuple basaa comme pour la plupart des peuples bantous, est complexe, mitigée, et, en grande part, obstruée par que d’événements négatifs. Le premier de tous ces éléments sont les concernés eux-mêmes qui n’ont trouvé aucune importance d’écrire, voire de révéler les traces de leur propre histoire par des méthodes et moyens à leur disposition. Il y est avancée tout une pile de raisons d’où émerge celle du souci de la protection du patrimoine. Mais au-delà de tout, on pourrait par ailleurs noter le travail de sape accompli par l’impérialiste qui a délibérément choisi de formater à sa guise l’histoire de nos peuples. Du coup, nous nous retrouvons avec des fragments d’histoires, contradictoires les uns les autres, ce qui n’est pas à aider les générations actuelles à se retrouver.

   En dehors des deux premiers cas majeurs, il existe pourtant un autre phénomène non négligeable, contribuant lui aussi à étouffer d’une certaine manière cette même vérité qui intéresse nos générations actuelles : il s’agit du pédantisme des scientifiques et des historiens qui, au lieu de rapporter l’histoire, la font quotidiennement.

  Afin donc de ne pas porter la lourde responsabilité de légitimer un mensonge, nous nous sommes limités dans la présente introduction de livrer ici les différents fragments de l’histoire du peuple basaa que nous disposons des sources traditionnelles confirmées par les travaux de sérieux chercheurs qui sont le professeur DIKA AKWA NYA BONAMBELA, le Dr Eugène WONYU, les professeurs OUM NDIGUI ou encore Joseph MBOUI et le Révérend Pasteur MASSING.

Plus tard, on fouinera dans les travaux d’autres imminents chercheurs, notamment le Père HEBGA, le Dr NOUCK BASSOMB ou encore Môssa NDUMBE di MAN SAA dont les enseignements professés nous semblent détenir des vérités d’une profondeur et d’une pertinence inouïes.

     Notre tradition a été essentiellement orale jusqu’au siècle dernier. Et les écrits que nous disposons aujourd’hui ne viennent d’ailleurs pas de ses gardiens, mais beaucoup plus des chercheurs et des explorateurs étrangers. D’où la nécessité aujourd’hui d’exploiter au mieux les derniers de nos griots et de nos sages afin d’arriver à reconstituer une vérité qui de jour en jour devient improbable sans qu’on n’ait à buter devant quelques écueils. Parmi ces derniers vestiges que nous possédons, nous citerons la tradition orale yabassienne, le Vénérable Mbombog MPAYE GWET, détenteur de Ngénè UM, qui a marché à côté des MAYI MA MATIP et UM NYOBE –ce dernier lui aussi grand initié de l’ordre traditionnel UM – et qui aura été instruit par les plus anciens comme KUMBA ŃNOŃ, une sommité des sommités du même ordre. Nous pouvons aussi citer NJEE BILECK, l’un des derniers fossiles de notre tradition du côté des bati ba on, et j’en passe.

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« Di nlôl likôl », voilà la petite phrase qui, depuis des siècles sert de repère aux chercheurs et conteurs pour situer l’origine de notre peuple. « Di nlôl likôl » signifie que « nous venons de l’orient ». Ce qui suppose donc que les nôtres partirent un jour d’un point quelconque du globe situé à l’orient géographique pour se retrouver aujourd’hui au Cameroun, Nigéria, Libéria, Kenya et tous ces autres endroits de la terre où sont supposés résider les basaa.

    S’agissant principalement de ceux du Cameroun comme d’ailleurs de tous, on situe le point de départ de leur migration quelque part entre l’Egypte, l’Ethiopie, l’Asie mineure et la Nubie. Les repères permettant aujourd’hui cette présomption sont ceux généralement produits par l’archéologie, la toponymie, la linguistique, l’etnonymie ou encore l’exégèse. Ce qui corroborerait donc la thèse de nos ancêtres.

    C’est ainsi qu’on semble tous s’accorder finalement sur le fait que si les basaa ne viennent pas de l’Egypte à proprement parler, ils y auraient vécu pendant une certaine période, notamment celle des pharaons, longtemps avant la naissance de Jésus et du christianisme. Certains auteurs situent cette époque autour de l’an 1250 av J-C. On parle notamment de l’époque méroëtique des chercheurs et historiens qui a vu le déclenchement des migrations des peuples bantu vers le sud de l’Afrique.

    Par ailleurs, beaucoup de rapporteurs, tant au niveau de notre tradition orale, de l’exégèse que de l’histoire en général, font difficilement une réelle abstraction entre L’Egypte et les régions alentours ou sub-sahariennes. Une bonne partie de l’Afrique antique, principalement du nord, a ainsi été assimilée à elle et vice versa. On parle de l’empire égyptien, faute d’une localisation quasi exacte des peuples, même si l’anthropologie et l’archéologie y apportent chaque jour des lueurs salvatrices considérables.

   Dans ce méli mélo, on a pourtant réussi à cerner ce qui est appelé le « Reservor of basa » qui regorge un site fort évocateur : UMM USUDA dont les principaux dieux étaient Ptah (père), Saa (Dieu de la bénédiction et de la sagesse), etc., qui selon les historiens n’est rien d’autre que la loge de l’ancien empire des dieux égyptiens dont l’un des principaux cultes était UM, terme ou culte que nous retrouvons encore de nos jours perpétré chez les basaa, notamment du Cameroun. On parle de UM (ŃKODA ŃTOŃ) qui signifie UM à la canne (ou au lignage) tordue. De même, les non-initiés chez les basaa du Cameroun sont encore nommés aujourd’hui par le terme N’suda. Tout comme ce dernier terme pourrait autrement signifier tout ce qui est érectible, à l’exemple du phallus.

     Mais malgré tous ces rapprochements que nous faisons progressivement, nous ne cesserons pas de rappeler qu’ils nous viennent droit de l’imagination et de la vision humaine des choses, quand bien même il s’agirait des vérités scientifiques, donc des vérités somme toutes conventionnelles et non exemptes de corruption bien que restant des pistes sérieuses dans la recherche de l’absolue qui nous cherchons à reconstituer.

   Parlant donc d’autres indications que nous possédons sur la filiation du peuple basaa avec l’ancienne terre d’Égypte en dehors des termes UMM USUDA qui s’apparentent à une de nos confréries actuelles, il y a une autre qui nous semble aussi marquante. Il s’agit de celle généralement avancée par les érudits et les patriarches qui nous rapportent qu’un de nos ancêtres fut MBELEK [autrement MELEK], qui, renonçant à suivre la bande à Moïse dans sa quête de la terre promise, préféra prendre la route du « sel » (le cours du Nil) qui le conduisit droit vers l’intérieur de l’Afrique jadis occupée par les pygmées. Vraisemblablement nous sommes entre l’an 1100 et 1500 av J-C.

Cette dernière approche généalogique est pour la première fois révélée par le pasteur Massing, même si le Dr Eugène WONYU rapporte qu’elle lui fut tout aussi livrée par un vieux patriarche Basaa yabassien EYANGO. A notre niveau, Mbombog Mpaye Gwét, lui aussi chercheur émérite de la question de l’origine basaa, patriarche de rang élevé, nous a souvent repris cette même assertion. Tout porte cependant à croire que tous ces deux derniers hommes n’ont repris que le premier, à défaut, ne sont tombés sur cette version qu’au cours de leurs recherches personnelles. Nous ne saurions mieux prétendre, si d’autres rapprochements avec les mêmes faits ne nous auraient pas permis de donner un plus grand crédit à cette thèse. Par exemple la tradition orale des basaa du Nkam pour laquelle la légende ne s’est pas totalement effacée des mémoires.

C’est sans doute du professeur DIKA AKWA que nous tenons des informations plus précises sur le sujet. Cet homme qui de son vivant eut l’opportunité de marcher aux côtés des patriarches Basaa, et même de recevoir d’eux des initiations particulières, lui qui était déjà un grand initié de la tradition bantu et notamment sawa. Dans sa monographie sur la nationalité du peuple basaa, il fait état d’un pays où les anciens pharaons égyptiens allaient chercher le bois précieux et l’encens. Ce pays était dénommé PUT (forêt)ou PUNT désormais identifié dans plusieurs travaux des chercheurs selon toujours Le Professeur DIKA qui se fonde sur une vieille légende sacrée des Basaa du Congo (l’ancien Zaïre) dénommés Basaa La Mpasu1, en concluant par ailleurs que cePUNT (ou plutôt PUTA) pourrait bien être le PUT ou PUDA des basaa du Cameroun, et qu’il était composé de deux états : PUT proprement dit, et le SABA, Etat longtemps assimilé à l’Éthiopie ou l’ancienne Nubie dont la capitale fut Méroé.

    Reprenant les légendes, celle rapportée par le professeur DIKA dans son ouvrage nous apprend que c’est dans ce dernier royaume, le SABA, que le roi Salomon alla prendre une de ses épouses, BALKI – LEM, de laquelle naquit un fils à qui on donna le nom de MENELIK qui devint lui-aussi roi plus tard.

    Le docteur Eugène WONYU, très prolixe sur la question de la reconstitution de l’histoire basaa, n’est pas du reste de ceux qui ont évoqué la piste égyptienne de l’origine basaa. Citant les manuscrits inédits du regretté pasteur MASSING dont nous attestons l’existence pour les avoir parcourus auprès du révérend pasteur Abed Négo MAKON de l’église PENIEL à New-Bell Douala, le Dr Eugène WONYU approuve l’origine égyptienne basaa qui semble finalement ne plus souffrir de l’ombre du moindre doute.

    Ainsi, les basaa seraient vraisemblablement partis de l’Égypte au même moment que la bande à Moïse avant de décider ensuite de rebrousser chemin sous l’impulsion de MBELEK. Seulement le faisant, ils choisirent un site proche qui fut probablement le SABA afin d’esquiver les représailles égyptiennes s’ils revenaient à leurs pas. Ils établirent leur camp dans ce dernier royaume jusqu’au règne de MENELIK avant d’entreprendre leur longue marche vers l’intérieur du continent africain, car fuyant de nombreuses invasions.

   Ils investirent les abords du Lac-Tchad qu’ils assiégèrent autour du 3ème siècle de notre ère avant leur éparpillement en plusieurs groupes à travers les sous régions d’Afrique centrale et méridionale. Les grands groupes connus qui furent de cette nouvelle expédition à cette époque sont : les Basa La Mpasu du Congo (ancien Zaïre), le Basaa-Ngé-Bnae du Nigéria, le Basaa du MOMBASA au Kenya, les basaa du Libéria ou enfin les Basaa du Cameroun.

   Non satisfaits de leur nouvelle contrée à cause des attaques intempestives et de l’hostilité du climat, les nôtres reprirent tantôt leur marche en descendant vers l’intérieur du pays, suivant toujours la route du « sel », le cours du Nil, qui prit tour à tour les noms de Bénoué, Sanaga, Lom, Lép-Huri (WOURI), ou enfin Liwa (rivière arrosant la grotte de Ngok-Lituba). Mbombog Mpaye Gwét en est formel : le Nil, c’est LIWA, selon qu’il le tient de ses pères.

   Descendant donc le cours du nouveau NIL qui prenait à chaque étape un nom différent selon la nouvelle proportion, les basaa investirent par la suite l’Adamaoua au 13ème siècle de notre ère où ils établirent une nouvelle forteresse, la plus importante depuis leur départ de l’Égypte selon les historiens et chercheurs, avant d’être pourchassés à nouveau par les peuls et les bamoun déjà co-autochtones des terres du Cameroun avec les pygmées. Il s’ensuit que d’importants fragments se détachèrent encore de l’ensemble, notamment le groupe du Congo, les basaa La Mpasu, ou encore ceux du Nigéria et du reste de l’Afrique de l’ouest. Le groupe du Nigéria envahit la région de DIKWA (Dikôa), alors qu’il resta un noyau important qui choisit de mettre au contraire cap toujours vers l’intérieur du continent.

   Malgré la défragmentation, le groupe restant se reconstituait à chaque fois par de nouvelles alliances et par de nouveaux leaders. Nous sommes bien loin de l’époque du grand mage MBELEK. Pourtant, il naquit au sein de la tribu de nouveaux homme-forts, à l’image de MODE-SOP, THON LIGÔM ou encore de Ngé-Nanga, ancêtre des premiers et redoutable guerrier qui amena le reste de la troupe jusqu’à la grotte de Ngog-Lituba où le décor était déjà implanté auparavant pour les accueillir. Nous sommes environ au début du 15ème siècle de notre ère. Une source initiatique des plus fermées me fit état de l’an 1003 comme étant la date de la pénétration des nôtres au Cameroun.

    Contrairement donc à ce que pensent d’aucuns, Ngog-Lituba n’est pas l’origine du peuple basaa. Nous en avons aujourd’hui la certitude. Dans les enseignements de l’ordre UM incarné par la confrérie Nkoda-Ntoń de la congrégation Mbog Basaa, il est enseigné aux élèves que celui-ci procède d’un pays lointain et jadis célébré en Égypte par nos ancêtres. L’évocation du nom de l’ancêtre régissant les rituels UM rappelle celui retrouvé dans la mythologie égyptienne mais jusqu’à présent conservé secret par l’ordre. Ceux qui ont déjà eu la chance d’assister aux cérémonies des membres de cette confrérie ont certainement eu l’occasion de le vérifier.

   Selon la légende, la troupe basaa n’arriva pas au même moment à Ngog-Lituba. Si celle conduite par Ngé-Nanga le fit, il n’en est pas le cas des autres qui prirent diverses routes pour atteindre ce même site. C’est ainsi qu’il est enseigné aux élèves Nkoda-Ntoń que les Ndôg-Sul par exemple furent l’un des derniers arrivés. Mais avant eux, il y eut beaucoup d’autres clans de la tribu qui arrivèrent séparément. Nous questionnant par ailleurs sur l’origine des reliques de notre ordre, un vieil initiateur nous corrigea, le vénérable Mbombog Pierre Minkeng mi Minkeng et moi, en nous disant que les reliques de l’ordre prirent un chemin contraire à celui du reste de la troupe, entrèrent au Cameroun par l’embranchement entre Lom et Lép-Uhuri (autrement la Sanaga et le Wouri) et n’arrivèrent à Ngog-Lituba que lorsque le signal fut donné que tout est bien en place.

    C’est dire en somme que Ngog-Lituba n’est rien d’autre, sur le plan de la vérité, que le site retenu par les oracles de la tribu comme étant celui du dénombrement du peuple et de l’établissement de la nouvelle alliance avec Son Dieu, HILOLOMB. C’est de ce haut plein de mystères que le peuple basaa prit un essor nouveau après l’Adamaoua entre le 15ème et le 16ème siècle de notre ère.

   Mbombog Pierre MINKENG MI MIKENG nous rapporte que le mythe véritable de Ngog-Lituba n’est pas différent de celui de Canaan et de la troupe de Moïse. Selon lui, il ne s’agit rien d’autre qu’une autre histoire de « terre promise » que recherchait le peuple basaa depuis son départ de l’Égypte, tout d’ailleurs comme le premier, le peuple hébreu. Delà à supposer que les deux peuples, Hébreu et Basaa, puisèrent à la même source ou, plutôt, récurent des mêmes prophéties, il y a qu’à faire un pas. Ce qui nous ramènerait donc une fois de plus au début, pour confirmer d’une nouvelle manière l’origine égyptienne du peuple basaa. Et pour une nouvelle illustration, nous donnons ici une partie du dénombrement du peuple tel que décidé à Ngog-Lituba.

A l’origine, neuf chefs de clans furent déterminés stigmatisant l’ennéade que constitue le globe terrestre :

  • Ki-wom

  • Ki-ndap

  • Ki-Noun

  • Ki-Hèg

  • Ki-Nom

  • Ki-Nyemb

  • Ki-Hisi

  • Ki-Ndog

  • Ki-yi-Kii.

En dehors du premier, Ki-Wom qui avait 14 enfants, le reste en avait 20 pour chacun.

A l’écart de ce premier, il existe un autre constitué des neuf ancêtres des plus anciens stigmatisant la force de dynamisation de neuf forces féminines d’en haut. Ils ont pour noms selon leur ordre de naissance :

  1. Ngog

  2. Mbog

  3. Njèl

  4. Mbang

  5. Mban

  6. Ngaa

  7. Nsaa

  8. Bias

  9. Buwè

 

Au-delà des interprétations courantes des noms, il faut y comprendre une certaine notion de déification et une conception cosmo-humaine du monde. D’où les noms généralement rencontrés symbolisent le cosmos (Mbog), le noyau central qui est le soleil et ses différentes phases diurnes et nocturnes, les planètes (sphères), ou encore la lune avec ses différents cycles, et enfin les quatre éléments sans oublier les trois règnes de la nature. Tout est nommé et attribué, soit à un clan particulier, soit à une lignée, à un groupe quelconque ou soit enfin à un site particulier.

Certes, certains auteurs et chercheurs affirment que les êtres portant ces noms ont réellement existé et vécu autour de la pierre percée (Ngog-Lituba), laissant 167 enfants de qui descendent tous les clans basaa actuels. Le Dr Eugène WONYU est de ceux là2. Soit. Mais nous restons persuadés que si l’homme a nommé le mythe, ce dernier lui a autant prêté des noms qui sont fort bien usuels dans notre société. Ngog, Mbog, Njèl, etc., sont bien des noms des descendants des ancêtres les ayant portés, tout comme ils indiquent aussi bien les loges initiatiques de la tribu basaa. Ngog-Mbog ou la grotte du peuple, de l’univers, continue à exister tout en conservant ses mystères intacts dans la région de Bôt-Makak. C’est de même qu’il n’est pas surprenant de savoir que Ngog, Mbog, Njèl, … sont tout aussi des vertus et des types d’initiations bien précises.

Le problème qui se pose ici est celui de savoir qu’en fait, chaque initiation était allouée à un clan particulier, voire à une famille qui se référait à un ancêtre tout aussi particulier conditionnant de manières et d’autres ladite. Cela est vérifiable même aujourd’hui en suivant les traces des initiations qui étaient ou sont encore données en ces différents lieux et à l’intérieur de chaque lignage.

Pour illustration à ce qui précède, il est enseigné que les Basaa et les Mpô’ô procèdent d’un même père biologique nommé Ngé Nnanga, redoutable guerrier et général de troupe qui conduisit les siens jusqu’à la grotte de Ngog-Lituba. Or il est par ailleurs établi que la fraternité entre les Basaa et les Mpô’ô ne date que de depuis l’Adamaoua, pour ne pas dire que depuis justement Ngog-Lituba. Il se pose alors une question : comment peut-on être des frères consanguins sans être du même sang et vice versa ? D’où, il apparaît assez clairement que l’ancêtre Ngé Nnanga était beaucoup plus le chef d’une confrérie dont il donna naissance, et non pas un parent biologique des peuples se réclamant de lui. Nous citerons à ce titre le Pr DIKA AKWA dont les travaux, bien que présentant beaucoup de nuances à la lecture d’un basaa, nous semblent néanmoins évocateurs de beaucoup de vérités fondamentales proches à celles souvent transmises dans les initiations traditionnelles propres aux peuples basaa.

« …Il importe de souligner que chacune des ces dix sous –ethnies basaa avait une fonction déterminée : commerciale, politique, ou religieuse etc.…et ce n’est pas un hasard que l’épopée de Hitong Lingôm se réfère constamment aux produits d’importations et d’exportations tels que : Fusils, Poudre, gâchette, défenses d’éléphants, sel etc.… Cela tient du fait que les Ndôg Makoumak étaient spécialement chargés du commerce chez les Basaa… »3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Sources:Cartes extraites de" Monographie sur la nationalité BASSA"

 

1Cf. Monographie sur la nationalité basaa. Par le Pr. DIKA AKWA.

2Cf. essai sur l’organisation sociale et la religion des basaa du Cameroun (Sorbonne, 1971, p.36.

3Monographie sur la nationalité du peuple basaa. Pr Dika Akwa.

 

Commentaires   

 
0 #1 Bernard GILLES 13-02-2016 00:09
Bonjour
Je découvre votre article sur l'histoire du peuple Bassa et c'est passionnant. Je m'intéresse à l'histoire de la Nubie dont j'ai un souvenir inoubliable. Je cherche un nouvel itinéraire pour l'Exode par l'Afrique. Quels sont les livres sur l'histoire du peuple Bassa?
Bien cordialement
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0 #2 chic ethnique 27-08-2016 18:09
Vraiment bien illustré, je vois pas mal de sites de ce secteur d'activité mais votre site
est un must.
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0 #3 eto o 25-12-2016 22:00
Thanks, this site is really practical.
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