Statut de la femme dans le Mbog Bassa

       Des stéréotypes véhiculés par des images complaisamment entretenues, montrent la femme africaine dans un statut qui ne pourrait être ni tolérable ni enviable.Nous essaierons en quelques lignes ,de passer en revue la place de la femme dans les traditions , de voir le statut de la femme tel qu'il se présentait objectivement dans la sociéBassa.

                                               ...Citoyenneté et politique

Quel était le véritable statut de la femme dans la société Bassa? Impossible de répondre à cette question sans parler du rôle du conseil féministe ,économique et social. Le KO'O. Parfois spirituel, souvent politique, le Saint ordre des gracieuses et vertueuses femmes escargot détient un rôle central dans l'organisation socio-politique des Bassa.

      Sur un plan purement politique , le KO'O symbolise le bicaméralisme dans la vie politique des Bassa. L' assemblée des femmes étaient chargée de défendre leurs intérêts et leur droits. Le premier de ces droits était l exercice d'une citoyenneté pleine et entière. En participant aux débats et en assouplissant les lois qui pourraient être vexatoire et discriminatoire à l égard des femmes . Cette citoyenneté se traduisant par le droit de vote lors de la désignation des responsables politiques. Mais la citoyenneté ne se limite pas à cet aspect, on peut aussi mentionner la participation dans la quasi-totalité des chambres judiciaires du UM.

     Les seules instances où elles étaient absentes sont le NGUE la centrale administrative et policière, et le militaire KWAKWE. Voilà pourquoi les Bassa n'ont pas eu d 'amazones comme aux Dahomey. Ni les traditions,ni les rapports des officiers allemands comme VON STEIN, KUNTZ etc.. ne mentionnent la présence des femmes dans les rangs des armées Bassa qu ' ils affrontèrent durement à la fin du XIXè siècle

                                                       ...Vitalité sociale

     La civilisation africaine a mis au point une division du travail dont le fondamental reste l 'équilibre. Il en résulte que certaines tâches sont confiées aux hommes:Récolte de combustible(bois), Défrichages des lopins de terre,etc... et d autres reviennent aux femmes telles:Les tâches ménagères et la moisson des produits . On ne peut pas évoquer cette division qui régissait la société sans pour autant parler d'un principe fondamental dans la société pré-coloniale Bassa: L' interdiction à toute femmes de transporter un objet lourd. Quelque soit la distance et même si elle en a la capacité.

     Il revenait aux femmes de gérer l'espace agricole, elle définissaient le cycle de l' assolement quadriennal entre le Wome (Champ cultivé) le Jeba(champ de l intersaison), Bissoulet(Nouvelle Jachère) et Bikorock(vieille jachère).De même , elles géraient les mutuelles des travaux agricoles(Biyoum);en indiquant l ordre de rotation et de priorité pour les tâches.

Les normes régissant le redistribution des produits de la chasse, de la pêche collectives relevaient des prérogatives de la femme. Il faudrait néanmoins trouver une explication en ce qui concerne les interdits alimentaires et la pratique minoritaire de la polygamie.

     On reconnaîtra que que ces interdits étaient souvent nombreux et contraignants pour les femmes et surtout les femmes enceintes ou féconde. On ne saura jamais si c'est pour des raisons médicales et hygiéniques comme l' affirment les hommes, ou alors c'est la conséquence d'une « gourmandise excessive » des hommes comme le rétorquent les femmes. Mais le fait même que, les femmes ayant atteint leur ménopause( n étant plus en age de procréer) était toujours victimes de ces interdits, nous laisse penser qu'il y avait derrière cet arsenal d interdits , un sexisme et un machisme non avoués.

 

                                                      ...Polygamie...Likumba

     Le mythe de création basée sur une rigoureuse monogamie, s'est dégradée en une pratique de la,polygame dont beaucoup continuent à considérer comme étant un phénomène marginal et ne saurait représenter l identité Bassa.Le principe d Egalité et de Parité entre Homme et Femme défendu par les vénérables membres de l institution KOO , a permis de mettre en place un symétrique : LIKUMBA

    Le likumba qu est ce que c'est ? Il s agit de donner le droit à chaque épouse d un polygame d'entretenir officiellement une liaison extra-conjugale. Mais l amant doit au préalable se présenter devant le mari avec un coq et du vin de palme. Ce droit octroyé aux femmes ne s'appliquait que dans les foyers polygames. Et connaissant le coté possessif de l homme Bassa, le principe de likumba était assez dissuasif ; il a sans doute contribuer à contenir vigoureusement la polygamie chez les Bassa. Le principe de Likumba a disparu, mais la polygamie a survécu. cette polygamie, bien que résiduelle et minoritaire vu sur un angle d'Egalité et Parité Hommes-Femmes tant prônées par l' assemblée féministe KOO apparaît comme une curiosité qui devrait disparaître.

Procédures judiciaires en cas d'adultère

Considérons :

un couple A et notons la femme Ax et le mari Ay,

un autre couple B notons l épouse Bx et le mari By.

Quelles sont les procédures judiciaires et les peines retenues en cas de relation extra-conjugale par exemple entre Ay et Bx ?Le code civile ou pénal des Bassa prévoit :

-Les excuses publiques au mari By de la part de deux coupables(Ay et Bx)

-Une dédommagement constitué de trois chèvres pour le mari By.

Pourquoi les chèvres ? Et pourquoi trois ? Là n 'est pas la question, nous y reviendrons.On remarque dans cette procédure que la seule personne considérée comme étant la victime est le mari By. La femme Ax qui a vu son mari Ay partir avec une autre femme bx est totalement ignorée, elle est réduite au silence.N a t elle pas subi un préjudice elle aussi ? Ne mérite elle pas un dédommagement ?

Deux thèses s affrontent :

  • Dans le Droit privé Bassa, seul un homme peut être considéré comme étant la victime d'un adultère. Mais pas la femme. Si cette thèse s avère exacte Il s agit ici ,d 'un cas de sexisme révoltant,et il semble que notre code pénal devrait être réaménage ne serait ce que sur ce paragraphe ou alinéa.

  • Le dédommagement , bien que remis à l époux trompé, revient à toute la société ; car la relation illégale(droit) et immorale(spiritualité nyambéiste) a perturbé l'ordre socio-cosmique de toute la société. Et c'est pour cette raison que le chèvres étaient consommées lors d un repas communautaire. Avec des rites et des liturgies appropriés.

     

                             ...Débat théologique ….. Evolution liturgique...

    Avec leur assemblée Koo, les femmes ont une vie spirituelle tout au moins comparable à celle des hommes. Les débat théologiques n ont pas manqué au sein de la société Bassa. La grammaire Bassa qui reconnaît le masculin et le féminin s'est adaptée aux revendications et exigences des femmes; la liturgie Nyambéiste aussi.

    Constatant que les liturgies avaient donné à l être suprême des attributs masculins en appelant Dieu Hilolombi, les femmes tenaient leurs liturgies en l' appelant Kilolombi, DIEU devient DEESSE .HI masculin et KI féminin. Les débats dignes du concile de Chalcedoine, ne prirent fin que par l adoption d'un terme neutre, ni masculin ni féminin:Elolombi. Faisant de notre Dieu un esprit sans genre; ce qui peut parfois nous mettre en opposition avec le « notre père » chrétien que nous avons adopté et qui nous a épanoui et raffermi .

 

Femmes d une association familiale bassa ...Beauté ...Elégance...Sérénité...Noblesse

   

 

                                       ... De la particule nobiliaire: NGO

          Le système anthroponymique des SAA exige -préconise- que pour toute jeune fille, l on mette la particule NGO devant le nom de famille. NGO qui signifie « fille de ».En adoptant ce système, les Bassa ont anobli leurs filles , qui ne seraient les objets qu on pourrait vendre ou échanger,d où la dot symétrique La femme SAA ne saurait servir ni  d 'objet de compensation ni objet de dédommagement de guerre. Devenant ainsi des héritières incontestables,elles sont des éléments constitutifs de nos généalogies. « Fille de » peut a son tour donner une descendance qui se revendiquera d'elle ; au même titre que la descendance de son frère se revendiquerait de ce dernier. La conséquence de cet anoblissement a été l'épanouissement d une civilisation bilinéaire. Cette culture bilinéaire se traduisant par l usage des préfixes Log et Ndog qui déterminent l origine des différentes familles Bassa. Car chez les Bassa, de façon générale,les familles commençant par Log sont issues d' une filiation patrilinéaire,alors que les familles commençant par Ndog sont de filiation matrilinéaire.

 

  Mannequin  Zaïna: elle honore son père qui est bassa du Cameroun

, elle a échangé sa tenue traditionnelle de Lissimbou

pour la mode traditionnelle bassa. Pagne noué, foulard et accessoires

(Libreville fashion week 2-7 fevrier 2012-  photos etcommentaire site mikanda)

En Bassa c est la tenue dite  Nyansi (foulard)  ni Ondol (sari)  tenue  portée  depuis ... 1472

 

 

        On déplore que le patriarcat, hérité de la colonisation, aie créé des tensions au sein des familles. Les LOG se réclamant plus noble que les Ndog-Nkaa Gwéles -Le patrimoine culturel des hommes serait il supérieur à celui à des femmes ?Pourtant c'est par la langue que se transmet la culture et on parle de langue maternelle et non de langue paternelle. Log ou Ndog la Noble dynastie solaire nous octroyé les mêmes droits et devoirs.

                                          ...Présent

    Le statut des femmes s'est considérablement dégradé dans notre culture. « L émancipation à l'occidentale » a peut être été mal gérée ou alors simplement inadaptée. Le Patriarcat issu de la colonisation a profondément bridé les droits et les prérogatives des femmes Bassa. Bien qu elles accèdent pratiquement à tous les métiers, on saurait parler de nos jours d une réelle égalité entre hommes et femmes

 

Réseau des femmes parlementaires de l Afrique centrale

     

En suivant les enseignements du Grand philosophe Manal ma Mban(XVè siècle), nous pourrons réhabiliter le statut de la femme . Dans le mythique débat (conversation ) qui il a tenu avec son épouse Ngo  Maa, il dessine clairement  le statut de la femme bassa :

NGO MAA : De la femme et de l homme , qui pèse au front de l éléphant?

MANAL MA MBAN: Le poids de la femme dépasse, parce que l homme est le gardien de la femme. L homme dépasse seulement la femme en âge, mais la femme le dépasse en honneur.

NGO MAA: Pourquoi?

MANAL MA MBAN: la femme est le palmier de vin et l homme est la liane qui le fait fermenter. La liane ne peut pas commander le palmier....

Nous espérons que les femmes retrouveront le rôle premier qui a toujours été le leur. Parce que la culture bassa comme la culture africaine affirme :la femme est un bijou qu'il ne faut jamais laisser ternir et ... la mère est reine .

I kété li nyang

Francis

 

Bibliographie

-Mbok Liaa ou le Savoir social bassa ; Thèse d'Ethnologie-Prof MBOUI -Bordeaux-1967

-Essai sur la vie domestique des Bassa- Thèse lettres_Prof Mboui -Bordeaux 1971

-Valeurs permanentes de la civilisation africaine-Jean Ikéllé Matiba-in revue Développement et civilisations N°13-Mars 1963-Paris

-Bassalogie -Prof  NOUK BASSOMB

-Sources orales

Commentaires   

 
0 #1 http://www. 11-04-2015 00:07
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0 #2 bakoude 23-02-2016 17:30
Je le trouve intéressant
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0 #3 serrurerie Paris 29-08-2017 20:49
Article enrichissant bien expliqué
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0 #4 lestendances 14-09-2017 01:21
Quoi dire dde plus ? Vous avez tout résumé suur ce post.

Vraiment intéressant
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