MBOG BASSA: Institution du mariage -Part I

 1-L institution du mariage

         Le premier désir des peuples à leur fondation est de pérenniser leur existence sur la terre des hommes en se multipliant et en multipliant leurs actions. Or la multiplication génétique ne peut se faire qu'entre un homme et une femme.

 

     Toutefois, cela ne donne aucun droit de confiscation de l'être pour des fins individuelles s'il n'y avait pas cette autre volonté de paix et de concorde qui animait également les anciens peuples. Afin de ne pas se laminer par des batailles intempestives causées par des rivalités sentimentales, l'homme pensa de prime à bord établir des lois devant protéger les intérêts des uns et des autres. Des lois dans la grande part taillées à la mesure de l'être mâle. L'ancêtre N'saa n'échappa donc pas à cette règle qui ne datait pas de Ngog-Lituba mais de l'établissement même de notre monde depuis que les êtres ont découvert les délices et même les vices de l'accouplement.

      Parlant exclusivement de notre ancêtre qui possédait déjà la science de l'amour et de l'accouplement, celui-ci était hanté par un souci majeur, celui de perpétrer à tout jamais son ouvrage de même que l'ensemble de sa procréation qui ne pouvait subsister au temps que par une relève digne de ce nom. Ici intervient la notion de l'individualisme qui pousse donc cet être à penser que seuls les êtres émanant de lui pouvaient assumer ce rôle et non pas d'autres gens, soient-ils des frères et, pire encore de simples cousins. C'est pourquoi il était dit : "u wo ngi man wee u bélél mbog" Ce qui signifie que quand tu meurs sans enfants, tu auras travaillé en vain – tu auras semé pour le peuple.

     Voilà donc ce qui est du désir de procréer et de là, celui de faire la volonté des pères qui s'exprime par le terme "son a yég, yag we u yég", [ton père laisse, tu laisses aussi] qui signifie qu'il faut suivre l'exemple de son père. Ainsi le fils se sentait un devoir à suivre l'exemple de son père tant en produisant matériellement que par le sémen vital.

2. Le sacré de mariage.

       Le mal aujourd'hui dans les mariages modernes est qu'ils se sont malheureusement dépourvus du caractère sacré, contrairement à l'usage de nos pères pour lesquels le mariage était plus qu'une affaire de deux personnes mais de plusieurs villages, clans ou de plusieurs familles. En fait il ne s'agissait pas seulement de deux familles comme le pense ordinairement le profane. Et puisque dans tous les rapports de mariage on retrouvait les deux familles directement concernées, mais aussi les familles maternelles des contractants.

      Le mariage de deux personnes était aussi celui qui devait permettre aux anciens de se lier avec les forces cosmiques et même avec leur Dieu. Car un mariage était toujours une occasion de renouer le lien avec les divinités.

     Le mariage était enfin le symbole du témoignage de l'amour, de la solidarité et de la concorde du peuple qui pouvait se trouver réuni autour d'une élue quelconque appelée nwaa mbog. Il ne faut surtout pas se faire des illusions à travers ce terme. NWAA MBOG signifiait la femme du peuple, c'est-à-dire celle choisie et mariée par tout le peuple. Une telle élue était dotée et entretenue ensuite par tout le peuple même après la disparition de son époux, elle ne manquait jamais de rien. Et malheur à l'homme qui abusait d'elle ou profitait de ses grâces ! Un tel malheureux était répudié ipso facto.

 

 

En plus de nwaa mbog, on avait ce qui était appelé libol pańal (rester avec la femme de son proche).

3-Les différents mariages sont :

- liyégla (héritage)

- liyońa / mbom (vol, duperie, entraînement)

- linyaa (concubinage)

- kukumba (femme de l'oncle)

- liyiha (remplacement)

- lôńhè (prêt, donation sans dotation)

- manyaa ma nan (mariage classique)

 

Liyégla :

C'est lorsqu'un garçon hérite de la veuve de son père ou de son frère. [Il convient de rappeler que cet héritage ne pouvait se faire que dans un sens, du frère ainé vers frère cadet.]

liyońa/Mbom :

Dans le premier sens, on parlait de liyońa s'agissant de l'homme qui vole une fille sans avoir accompli la tradition ou sans avoir fini la dot. Dans le sens contraire on parlait de mbom en parlant d'une fille qui se laisser emporter de cette façon.

 Linyaa :

C'était lorsque quelqu'un était pris en flagrant délit de concubinage. Dans ce cas le propriétaire légitime de la femme ou de la fille victime se faisait payer les droits y afférents. Lorsqu’il y avait répétition du forfait, alors, cette fois seulement la victime pouvait autrement décider de posséder désormais le concubin comme esclave ou serviteur et lui abandonnant la femme sans aucun droit cependant de jouir des fruits de la relation, notamment d'attribuer les noms aux enfants...

kukumba

C'est la femme acquise lorsque l'oncle maternel n'a pas accompli son devoir vis-à-vis de son neveu qui pouvait autrement décider d'arracher sa propre femme. Mais on parlait aussi de kukumba de la femme mariée par l'oncle pour son neveu.

liyiha

Lorsqu'un homme avait doté une femme et que cette dernière mourrait ou changeait d'avis. Alors la famille de la dulcinée lui donnait la petite sœur en échange ou alors une autre femme de la famille

Lôńhè

C'est le cas où un homme n'ayant pas donné de garçon allait chercher à n'importe quel village un célibataire quelconque et lui prêtait sa femme ou une de ses enfants filles afin qu'il pût procréer à son tour et lui procurer le garçon qu'il espérait. (Mon propre arrière-grand-père prêta une de ses femmes qui ne procréait pas à un de ses cousins afin qu'il essayât à son tour. De cette expérience naquit un garçon. Mais mon arrière-grand-père étant décédé entre-temps, le devoir incomba à mon grand père de récupérer la famille de son feu père qu'il ramena au village natal. Le fameux garçon né de cet essai vit encore aujourd’hui au village de modè...)

Manyaa ma nań.

C’est le mariage classique, celui d’un adolescent qui prend lui-même une femme. Nous étudierons es différentes étapes de ce mariage classique, il toujours été le plus courant,le plus honorable aussi pour le prétendant que pour la fiancé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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